Confession # 3 : J’ai survécu à l’inceste

Pour en arriver à ce témoignage, je réalise le long parcours effectué, tant au niveau de la libération de mon trauma, mais aussi pour pouvoir témoigner sur une chaîne de TV publique.

J’ai été contacté début janvier, suite au #metooinceste. J’ai été l’une des premières femmes en Belgique à parler. J’ai tout de suite dit OUI pour témoigner, mais je ne pouvais pas le faire.

La raison : comme mon père n’a pas été condamné pour viol, il est considéré comme innocent. Et une chaîne de TV est obligée de le contacter afin qu’il puisse donner son avis sur les accusations dont je témoigne. Tu peux voir son déni au milieu de la vidéo, pour se protéger ils ont mis une mention.

J’ai dû le retrouver. Ce ne fut pas facile. Je n’avais ni son contact, ni réellement envie de le joindre. J’ai quand même essayé et pour cela, j’ai d’abord contacté le consulat de France au Brésil qui n’avait plus de contact avec lui, depuis sa sortie de prison.

Depuis que ma famille a déménagé au Portugal, je n’ai plus eu de nouvelle de ma famille paternelle.

J’ai essayé sa sœur qui m’a dit ne pas avoir ses contacts. D’ailleurs, j’ai essayé de parler avec elle pour savoir si mon vécu était normal pour elle, s’il s’était aussi passé des choses pour elle ou pour ses frères, je n’ai pas eu de retour. J’aurais aimé savoir comment il en est arrivé là. As-t’il perpétué ce qu’il a vécu ? Même si cela ne changera pas ce qu’il a commis, ni comment je me libère de mon trauma. 

Du coup, c’est vers ma mère et mon grand frère que je suis allée pour trouver mon père. Finalement, c’est ce frère qui m’a donné son profil Facebook et l’a prévenu de mon contact. Il lui parle encore. Et il m’ a donné son contact après que je le supplie de m’aider, qu’il m’insulte et me traite comme une merde. Voilà ma relation décrite en quelques mots avec ce grand frère. 

Ainsi, j’ai parlé à mon géniteur pour avoir son adresse mail. Il est venu sur mon profil pour me souhaiter joyeux anniversaire, m’envoyait un bisou comme si de rien n’était. Puis il me demande, si je vais bien ! Tu peux imaginer qu’après avoir eu son contact, je lui ai dit ce qu’il m’allait sur le cœur ! 

Entre autres, je lui ai écrit que je ne souhaitais pas reprendre contact et que les années qu’il a passé en prison n’ont servi à rien puisqu’il me paraît toujours dans le déni, irresponsable et immature. Bon, je l’ai aussi appelé de monstre, de violeur, de pédocriminel ! 

Ainsi, j’ai pu faire les tournages de cette vidéo mi-février. Puis nous avons dû attendre au moins 3 semaines pour que mon père donne son retour au journaliste. Il a bien entendu essayé d’avoir son heure de gloire, il pensait qu’il allait passer à la TV. Ben non, coco ! Ils ont juste mis qu’il dément mes accusations. Comme il l’a toujours fait !

Vendredi 12 mars cette vidéo est publiée. Je l’ai envoyé à ma mère. Je ne sais pas pourquoi. Je pense qu’une part de moi avait besoin qu’elle reconnaisse les violences que j’ai subies, qu’elle s’excuse réellement et qu’elle me serre dans ses bras. Je n’ai toujours pas reçu cela de sa part, après toutes ses années. 

Mais NON, j’ai eu le droit à des tentatives d’humiliations de sa part, suivi d’insultes, suivi de menaces.

Pour te dire, son message vocal commence par : « Bravo, Jessica ! Félicitation pour tes conneries ! Quelle belle menteuse ! Tu n’as pas tout dit. Tu n’as pas dit que tu m’as traité de pute ! »

Oui, j’ai traité ma mère de pute vers mes 18 — 19 ans, suite au fait qu’elle m’insulte de pute aussi, qu’elle me mette à la rue et qu’encore une fois, elle me rabaisse.

Après cet échange avec elle, j’ai décidé que je n’allais plus m’acharner à vouloir avoir une relation avec elle ou à m’attendre à quelconque geste d’amour de sa part ! Je fais le deuil de la mère aimante et bienveillante que je n’ai jamais eu. 

J’ai l’impression d’avoir passé les 20 dernières années à essayer d’avoir une relation normale avec ma mère et mes frères, mais c’est juste impossible, ils n’y mettent pas du leur! Pour avoir une relation avec eux, je dois me plier à leur commentaires et comportements passifs-agressifs, à leur blagues blessantes et surtout, je ne dois ni parler de mon vécu parce que je vais encore faire ma victime, selon leurs mots. Et je ne dois ni oser avoir une opinion différente de la leur, je risque de me faire frapper pour penser différemment. 

Imagine-toi qu’en août dernier, au téléphone, elle dit à mon fils de 2 ans « ne crois pas ta mère, elle est folle ! ». Cette phrase pour elle est une blague, c’est marrant. Mais c’est l’histoire de mon enfance, de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte.

Je sais qu’elle a été blessée, j’ai de la compassion pour elle, j’ai essayé de l’aider, mais à quel prix ? Au prix de me faire insulter, menacer, humilier ou rabaisser, je dis STOP ! Depuis des années, j’ai entrepris cette démarche de m’éloigner d’elle et de mes frères qui sont toxiques pour moi.

Puis comme mon père, elle souhaite son heure de gloire, mais que s’attendait-elle de mon témoignage ? Que je la glorifie, elle qui n’a rien fait pour moi, à l’exception de m’avoir créé dans son corps et permis de survivre dans ma petite enfance.
Puis, j’ai eu les insultes et menaces de mon petit frère. Il a même essayé de me décrédibiliser sur les commentaires de cette vidéo. Il écrit que je cherche du protagonisme, de l’argent, puis il m’insulte.

Tu peux imaginer avec ça, la famille dans laquelle j’ai grandi. Il ne fallait surtout pas que je parle, que je sois différente d’eux, joyeuse et heureuse. Pour eux, une personne joyeuse, il faut trouver ses failles pour aller la détruire.

Je ne me souviens d’aucun moment de tendresse dans mon enfance ni d’amour, de respect ou de bienveillance. Je me souviens des baffes, des coups de pied, des insultes, des cris, des humiliations, des commentaires qui détruisent, des violences subies.

Je peux dire qu’il m’a fallu beaucoup pour pouvoir changer toute cette violence en moi, beaucoup de temps, d’efforts et d’énergie pour me libérer de tout ce bagage toxique et nocif.

Je considère que j’ai eu de la chance, d’avoir connu des instants, des personnes et des techniques qui m’ont aidé à changer de dimension, à passer d’une vie de famille où tout est violence à une vie de famille bienveillante, douce et dans l’amour.

J’ai énormément de gratitude pour la thérapie psychocorporelle, le développement personnel, le Tantra, la sexothérapie, l’œuf de Jade, le sauna de la Yoni qui m’ont tellement apporté. Chaque courant que j’ai suivi, chaque technique que j’ai appris m’ont permis d’aller chercher une pièce de mon être intérieur, qui a été brisé en des milliers de morceaux.

Si je témoigne, c’est pour montrer à un plus grand nombre de femmes, d’hommes, voire même d’enfants qu’il est possible d’avoir une vie équilibrée, joyeuse et douce après de tels événements. Je veux leur inspirer que c’est à portée de tous et toutes. Je ne suis pas spéciale. Je souhaite planter une graine à l’intérieur des victimes qu’on puisse survivre à un inceste ou à des violences sexuelles.

Depuis la parution de cette vidéo, je suis submergée de demandes de contact. La plupart sont des victimes qui me partagent à quel point cette vidéo les a inspirés. Je suis touchée de savoir que j’ai accompli la mission que je voulais donner à ce témoignage. 

Même si je me suis mise en danger de le faire (maintenant mon père peut vouloir me retrouver, ma mère et mon frère mettre leur menace en action, l’opinion publique),  je me sens accomplie. 

Si tu es une personne sensible, une victime de violences sexuelles, honore-toi et sens si c’est juste pour toi de voir la vidéo ci-dessous. De mon côté, si tu te respectes, tu participes de la sorte à ce que prône : un monde de respect, un monde d’équilibre, un monde meilleur. Et je t’en remercie infiniment. Le but de cette vidéo n’est pas de re-traumatiser, mais bien de témoigner de la transformation qui peut venir après un tel vécu.

Si tu témoignes de mon vécu, je t’en remercie infiniment. Je t’invite après à secouer ton corps pour faire circuler la charge que celui-ci peut véhiculer.

Si tu as un trop plein d’énergie, d’émotions ou si tu te sens perturbée, je t’invite à respirer amplement et calmement tout en faisant gonfler ton ventre doucement. Puis secoues légérement ton corps, comme si que tu souhaites faire sortir ce ressenti de ton corps, puis respires comme au début. Fais cela jusqu’à ce que tu te sentes mieux.

Tu peux aussi rejoindre le cours offert Prêtresse de l’Amour. Certaines pratiques partagées dans celui-ci viennent de techniques utilisées pour libérer les traumas.

Je t’embrasse,

Jessica

PS : Il reste une dizaine de places avant d’arriver à la fin du bonus des 50 premières inscriptions pour la formation Accompagnante du Féminin. Ce n’est pas la fin des inscriptions, mais bien la fin de ce bonus qui offre une spécialisation en plus. Sache que dans cette formation, tu vas apprendre les techniques, les courants et les pratiques qui m’ont permis de me libérer de mon trauma. 

4 réponses

  1. Merci Jessica pour ce témoignage. Merci à toi de t’être autorisée à faire de cette expérience douloureuse un terrau fertile à la guérison des femmes. 🌻🌻🌻
    Marie-Hellen.

    1. Bonjour Nastascha, merci pour ton message. Oui, je viens de loin et oui, c’est possible d’avoir une belle vie ! Je ne suis pas spéciale, si j’y suis arrivée, je sais que tout le monde peut aussi.

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